Lundi 3 octobre 2011
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Samedi 24 septembre 2011 : 40ème édition des 100km de Millau.
Nous
sommes arrivés la veille vers minuit à l’hôtel, autant dire que la nuit va être courte. Malgré cela j’ai bien dormi. Levé vers 7h30 pour le petit dèj, la pression, ou plutôt l’impatience,
s’installe. Mes affaires étaient prêtes d’hier et n’avais qu’a mettre mes shoes.
Nous voilà parti en direction du parc de la victoire pour valider les puces de nos dossards ; il y a beaucoup de monde puisqu’il s’agit
de la 40ème édition et je crois que nous avoisinons les 3200 personnes sur le 100km et 500 sur le marathon. Une fois nos puces validées, le cortège avance doucement jusqu’à la ligne de
départ réelle.
10h00 arrive et le départ est donné. Je suis avec JP et courons ensemble sans aucune obligation, le mot d’ordre étant de faire au feeling. Dès
le départ, j’aperçois le meneur d’allure des 12h (puisque c’est mon objectif caché) qui n’est autre que le célébrissime TITI. Décidément, je le croise dans les 4 coins de la France, mais je ne
reste pas longtemps en sa compagnie car il s’est arrêté faire une pause pipi et suis resté avec mon poto normand. Bref, un œil sur mon Garmin pour vérifier l’allure et nous voilà au
7ème kilo et on récupère notre suiveuse vélo qui n’est autre que la Madame à JP. La course fut dure également même si elle était en vélo : 100bornes c’est long !!!
Les 30
premiers km passent bien pour l’instant avec une moyenne de 10.4km/h. Certes un peu rapide, mais pas complètement erroné car j’y crois encore. Malheureusement les crampes ont fait leurs
apparitions au 35ème km ce que je n’avais pas envisagé ! A cet instant précis, je me suis dit qu’il restait 65km à faire et que cela va être dur. Malgré ces douleurs dans les
cuisses, je me concentrais le plus fort possible afin d’adapter ma foulée sans sentir la venue des crampes.
La 1ère boucle, qui correspond au marathon, n’est techniquement pas difficile puisque peu de dénivelés, à chaque ravito, je prends
de quoi boire et manger sans pour autant m’arrêter. Les 4 premières heures sont régulières puisque les 10km se mangent en 58mn, 57mn, 58mn et 59mn et passe au 42.195km en 4h21. Mais je suis
inquiet car mes jambes ne sont pas là mais le moral tient bon. Avec JP, on joue au yoyo, un coup c’est lui devant, un coup c’est moi. Nous étions également avec une copine normande, karine, qui
ne nous a pas suivi car elle trouvait que l’on allait trop vite (et c’est pas faux) et elle avait certainement raison puisqu’elle finira 1h30 devant nous…..bravo karine.
Les
difficultés arrivent avec la venue du 50ème km en haut de la cote sous le viaduc, et ça monte dur. Les jambes me font de plus en plus mal et ne peux plus courir dans les montées. Un
effort pour sourire au photographe du 50ème kilo et c’est reparti pour une magistrale descente. Millau n’est fait que descentes et de montées, ils ont oublié le plat…..je trottine de
moins en moins vite et chaque 10bornes passent entre 1h20 et 1h35, ma moyenne baisse à vue d’œil.
Mais la tête tient bon, par contre le moral est dans les chaussettes. Me voilà arrivé au ravito de St affrique que je passerai 2 fois puisque
sur cette partie, on se croise et permet de voir les 1er athlètes. Malheureusement, je suis dans le coltard et suis au plus mal. Mes jambes me font souffrir énormément et la tentation
d’arrêter est grande. Mais que neni, le Raid du Morbihan m’a vacciné et il est hors de question d’abandonner. Je ne m’arrête donc pas longtemps et repart en direction de st affrique avec une
énorme descente qui casse bien les papattes. J’aperçois au loin JP qui n’a pas l’air d’être bien non plus. Le descente est interminable et c’est d’autant plus dur qu’il faudra la remonter tout à
l’heure. La tête va mal mais j’arrive dans le village de st affrique et une fois dans la boucle qui passe dans le centre ville, je me mets à pleurer comme une madeleine tellement la douleur des
crampes est insupportable, les quelques badots sur le bord m’encouragent mais c’est très dur. Je passe le ravito en pleurant et arrive à attraper une bière afin de me remonter le moral.
Et
cette fois, après avoir descendu, il faut remonter. Impossible de courir, il me reste plus alors que la marche rapide mais les crampes y vont de plus belles : je suis détruit mentalement. Je
m’arrête sur le bord de la route, je m’allonge et soulage mes cuisses pas des étirements qui s’avéreront peu efficaces. Je me relève et repart car j’ai envie d’en finir et d’arrêter de m’apitoyer
sur mon sort et essaye de me remonter le moral en pensant à tous ceux qui me connaissent : mon parisien, mes normands, mes bretons, mes acolytes du club bref beaucoup de monde à ne pas
décevoir.
La nuit vient de tomber et quelque part c’est une aubaine, cela m’a permis de reprendre du poil de la bête et de me reconcentrer sur mon
objectif. A ce moment, je sais que les 12h ne peuvent plus être rattraper et m’imagine le passage sur la ligne d’arrivée avec l’émotion qui va être
énorme, enfin je l’espère. Les km sont durs mais je garde un rythme d’1h25 pour 10km, je ne cours plus (ou très peu) mais je fais en sorte d’allonger mes foulées au maximum afin de limiter la
casse au niveau du temps.
60km, 65km, 70km, 75km, passent….encore 25km. Plus question d’abandon dans ma tête, déjà ça de
gagner mes des douleurs dans les cuisses que je ne sens plus mais des cuisses dures comme du béton. Je suis souvent seul, je n’ai pas vu JP depuis un bout de temps quant à karine il y a longtemps
qu’elle m’a doublé. J’ai le sentiment d’être seul et j’en ai besoin car cela me permet de ne pas dépenser d’énergie dans du papotage.
80km, 85km et enfin 90km. Plus que 10bornes à faire pour devenir un 100 bornard. Ces 10km sont merveilleux, nous arrivons dans Millau, et
quelques supporters sont là, l’émotion commence a monté. 95, 96, 97, 98 et enfin le dernier kilo 99km. Grande ligne droite en montée direction le parc de la Victoire. La route n’étant plus fermée
à la circulation, je slalome entre les voitures afin de rallier l’arche de l’arrivée. Je l’aperçois au loin, les larmes me montent au nez et lorsque je vois tout ces gens sur le bord, j’explose
en larmes mais des larmes de joies, je suis heureux malgré mes 13h56 ce qui me fait une moyenne de 7.5km/h pour ces 100km. Lorsque je franchie la ligne d’arrivée, je vois JP avec surprise car il
a souffert aussi et n’est arrivé que 10minutes avant moi. Nous finissons dans les bras l’un de l’autre avec vraiment une « sale gueule » mais heureux d’avoir fini.
Je me suis dépassé, j’ai atteins une partie de mes limites voir même dépassé mes limites mais je le referai avec une meilleur préparation : j’ai
vu mes erreurs et aujourd’hui, je sais ce qu’il faut faire et ne pas faire. C’est la 1ère fois que j’ai autant pleuré de bonheur sur une course mais quelle course !!!!
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